🔎 En un clin d’œil, voici ce qu’il faut retenir :
- Visez l’équilibre verts/bruns : pour chaque seau d’épluchures, ajoutez autant de carton ou feuilles sèches.
- Coupez en morceaux moyens et alternez les couches pour aérer, sinon bonjour les odeurs.
- De la cuisine : épluchures, marc de café, pain nature. Du jardin : tonte préfanée, feuilles mortes, broyat.
- Vous vous demandez que mettre dans un composteur ? Pensez « variété », « pas de gras », « un peu de tout, jamais trop d’un seul ».
Vous avez commencé votre bac et, très vite, la question qui revient c’est : est-ce que ça, je peux le composter ? Je me la pose aussi sur chantier, surtout quand les apports se ressemblent trop plusieurs semaines d’affilée. L’idée, c’est de rester simple tout en gardant un œil sur l’équilibre.
Ici, je vous montre ce qui passe bien depuis la cuisine, le jardin et côté papiers/cartons, avec des repères très pratiques pour éviter les odeurs et les moucherons. Vous aurez une boussole claire, sans jargon inutile.

🏡 Sommaire
Les bases pour choisir quoi ajouter

Pour faire court : tout tourne autour de l’équilibre verts/bruns. Les « verts » sont humides et riches en matières azotées, les « bruns » sont secs, fibreux et riches en matières carbonées. Mélangés, ils se complètent et gardent le tas aéré.
Mon astuce d’équilibrage : un seau de verts, un seau de bruns, on mélange, on tasse très légèrement, on couvre d’un peu de structurant. Simple et efficace.
Matières vertes azotées
Les déchets verts sont humides et nourrissent les microbes avec leur azote : tonte de gazon, épluchures, fruits ou légumes abîmés et restes végétaux cuits sans sauce. Ils chauffent vite, donc dosez-les et mélangez-les avec des bruns pour éviter le tassement.
Matières brunes carbonées
Les bruns apportent du carbone structurant et de l’air : feuilles mortes, carton brut déchiqueté, paille, brindilles. Ils absorbent l’humidité, limitent les odeurs et empêchent la formation d’une masse compacte difficile à composter.
Déchets de cuisine à mettre sans souci

La cuisine fournit des apports réguliers et faciles. L’idée : variété, morceaux raisonnables et zéro sauce grasse. Vous verrez ci-dessous les grands classiques, avec les bons réflexes pour garder un compost propre et sans nuisibles.
Épluchures et restes de fruits et légumes
Tout ce qui est végétal et simple passe bien : épluchures, trognons, fanes tendres, fruits abîmés. Coupez en morceaux moyens et variez les apports. Les épluchures de pommes de terre et les alliacés (oignons, ail) sont OK en petites quantités, bien mélangés à des bruns, pour éviter la germination et les odeurs.
- À faire : alterner avec carton ou feuilles sèches.
- À éviter : gros blocs qui s’agglutinent.
Marc de café et filtres en papier
Le marc de café stimule l’activité microbienne, mais il est fin et peut se tasser. Mélangez-le toujours avec des bruns et ajoutez le filtre papier si non blanchi et sans agrafes. Dosez : une fine couche à la fois, puis bruns par-dessus, et c’est parfait.
Pain, pâtes et riz nature
Pain rassis, pâtes et riz cuits sans sauce ni gras sont compostables. Émiettez, enfouissez au cœur et couvrez de bruns pour éviter les moucherons et les rongeurs. En petite quantité à chaque apport pour ne pas déséquilibrer l’humidité.
Coquilles d’œufs bien écrasées
Rincées puis écrasées très finement, elles apportent des minéraux utiles sur le long terme. Elles se décomposent lentement : réduisez-les presque en poudre et répartissez-les, vous gagnerez des semaines de décomposition.
Sachets de thé et infusions
OK si sans agrafes et en fibres naturelles. Certains sachets contiennent des microplastiques, donc regardez les logos de compostabilité domestique type « OK compost HOME ». À défaut, videz le thé et jetez l’enveloppe au tri. C’est le plus sûr.
Mon conseil : gardez un petit sac de carton brut déchiqueté à côté du seau à épluchures. À chaque apport de verts, vous ajoutez une poignée de bruns. Réflexe gagnant.
Déchets de jardin à composter

Le jardin apporte du volume. Préparez bien vos matières et dosez pour éviter le compactage ou l’excès d’humidité. En pratique, alternez toujours avec un matériau structurant pour garder de l’air dans le tas.
Tonte de gazon en fines couches
Très azotée, la tonte chauffe et peut fermenter. Étalez-la en fines couches, idéalement préfanée 24 h, puis recouvrez de bruns. Vous éviterez le « paquet vert » qui colle et qui sent fort.
Feuilles mortes et paille
Riches en carbone, elles sont un excellent réservoir pour équilibrer l’année. Stockez-en au sec, déchiquetez les plus grandes, puis utilisez-les après chaque apport de verts. Efficace pour absorber l’excès d’humidité.
Fleurs fanées, tailles souples et mauvaises herbes sans graines
Hachez fin pour accélérer la décomposition. Évitez les herbes montées en graines et les plantes douteuses. Si vous en mettez, enfouissez au centre et surveillez que le compost chauffe bien.
Branches broyées et brindilles
Un peu de broyat ou de BRF garde le tas aéré. Ajoutez en petites quantités, mélangé aux verts, pour créer des cheminées d’air. Ça change tout pour limiter le tassement.
Papiers et cartons qui se compostent

Ces « bruns malins » sauvent bien des composts trop humides. Privilégiez les supports non plastifiés, sans vernis, peu imprimés, et déchiquetez pour accélérer la prise en charge par les micro-organismes.
Cartons bruts et boîtes d’œufs
Le carton brun non imprimé est un structurant carboné idéal. Déchiquetez-le en bandes, humidifiez-le légèrement s’il est trop sec, et mélangez-le aux apports verts. Les boîtes d’œufs se compostent très bien une fois déchirées.
Papier journal, kraft et cartons fins
Le journal et le papier kraft modernes sont généralement OK. Évitez les vernis et pelliculages. Déchirez en lamelles et mélangez au cœur du tas pour éviter que ça ne fasse une « feuille imperméable ».
Mouchoirs et essuie-tout non imprimés
Vous pouvez les composter s’ils ne sont pas souillés de produits chimiques. En petites quantités, ils aident à absorber l’humidité. Évitez ceux parfumés ou imbibés d’huiles essentielles.
Emballages certifiés compostables à domicile
Regardez la mention OK compost HOME. Beaucoup de bioplastiques ne se dégradent qu’en compost industriel. Quand vous avez un doute, abstenez-vous ou testez sur une petite portion.
- OK : carton brut, kraft, papier journal en lamelles.
- À limiter : papiers très encrés, serviettes parfumées.
- À éviter : papiers plastifiés, gobelets pelliculés.
Que ne pas mettre dans un composteur ?

Pour un compost sain et sans nuisibles, écartez tout ce qui amène gras, odeurs fortes ou polluants. Voici les principaux interdits et les cas piégeux pour un bac domestique.
Viandes, poissons et produits laitiers
Ils attirent rongeurs et mouches, génèrent des odeurs et peuvent véhiculer des pathogènes. Évitez-les en compost domestique « à froid ». Renseignez-vous sur les collectes spécifiques si votre commune en propose.
Huiles, graisses et grandes quantités de plats cuisinés
Le gras enrobe les matières, étouffe le tas et casse l’équilibre. Les tout petits restes secs, bien mélangés à des bruns, passent éventuellement. Le mieux : en mettre le moins possible.
Plantes malades, herbes montées en graines et résineux en excès
Sans montée en température suffisante, les spores et graines viables survivent. Les résineux sont lents à se décomposer et acidifient. Si vous tentez, mettez au centre du tas et surveillez la chauffe.
Litières, déjections et cendres de charbon
Les litières souillées et les déjections sont à proscrire. Les cendres de bois très fines, c’est un voile léger à l’occasion. Le charbon, non. Jamais.
Plastiques, métaux, verre et papiers plastifiés
Ce n’est pas compostable, même si l’emballage « a l’air naturel ». Évitez aussi les papiers cirés ou vernis, et les sachets de thé avec agrafes synthétiques.
Repères simples pour bien doser et éviter les odeurs
Gardez trois boussoles en tête : proportion verts/bruns, humidité et aération. Avec ces réglages, votre compost reste vivant, sans odeurs et sans moucherons.
Ratio verts et bruns en volume
Comme repère, visez environ 1 volume de verts pour 1 à 2 volumes de bruns. Au printemps avec beaucoup de tonte, forcez un peu sur les bruns. En automne avec les feuilles, rééquilibrez avec des apports verts.
Test de la poignée pour l’humidité
Prenez une poignée : ça doit se tenir en boule sans goutter. Trop humide ? Ajoutez des bruns absorbants et aérez. Trop sec ? Un peu d’eau en pluie fine et plus d’apports verts.

Aération, structure et brassage
Mélangez régulièrement et ajoutez un structurant comme du broyat. Si le tas s’affaisse et sent l’œuf, il manque d’air : ouvrez, brassez, ajoutez des bruns en couches.
| Problème | Symptôme | Correction rapide |
|---|---|---|
| Trop humide | Odeur forte, jus | Ajouter carton/brindilles, brasser |
| Trop sec | Décomposition lente | Arroser en pluie, ajouter verts |
| Tassement | Bloc compact | Broyat, mélange en profondeur |
Mon conseil : gardez un seau de bruns « prêts à l’emploi » et une petite fourche à portée de main. Deux gestes, et vous corrigez 90 % des soucis.
Au fond, composter, c’est vivant. Ça demande un peu d’habitude, mais on prend vite le coup.
Si vous hésitez parfois, gardez ce fil rouge : variété des apports, pas de gras, un peu d’air et de carbone, et vous saurez toujours quoi faire. Et si un doute persiste, mettez de côté, observez une semaine, puis ajustez. Simple et efficace.
FAQ
Pourquoi ne pas mettre des épluchures de pommes de terre dans le compost ?
On peut en mettre, mais en petite quantité et bien mélangées. Les peaux peuvent germer si elles restent en surface et, si les plants étaient malades, certains agents pathogènes peuvent persister. Coupez fin, enfouissez au centre, alternez avec des bruns et surveillez la chauffe.
Quel fruit ne pas mettre au compost ?
En soi, tous les fruits sont compostables. Les agrumes en petite quantité, bien mélangés, ne posent pas de souci. Évitez les fruits très moisis en grosse masse et variez les apports pour garder l’équilibre. Si ça pique un peu le nez, ajoutez des bruns.
Quelles sont les 3 règles d’or du compostage ?
Un : gardez l’équilibre verts/bruns. Deux : maintenez une humidité type éponge essorée. Trois : aérez régulièrement en mélangeant et en ajoutant du structurant. Appliquez ces bases, et le reste suit naturellement.
Que puis-je mettre dans un bac de compostage ?
Tout ce qui est végétal simple côté cuisine, les apports du jardin (tonte préfanée, feuilles mortes, petites tailles) et les papiers/cartons non plastifiés. Pensez à la logique verts/bruns : chaque apport humide s’accompagne d’un apport sec et fibreux.
Peut-on mettre des agrumes dans le compost ?
Oui, en petites quantités. Coupez les peaux, mélangez au cœur et alternez avec des bruns. Dans un compost « à froid », l’idée est surtout d’éviter les amas d’un seul déchet.
Peut-on composter les mouchoirs et le sopalin ?
Oui s’ils sont non imprimés et non parfumés. Évitez ceux souillés de produits ménagers ou d’huiles essentielles. Ajoutez-les avec d’autres bruns pour absorber l’humidité et garder une bonne aération.



J'ajouterai que le compost est "mûr" au bout de 1 an , voire plus ; (il faut savoir aussi que certains déchets ou feuilles , de chêne principalement, se décomposent beaucoup plus lentement que le reste ) ,à ce moment , il est noir et il vaut mieux le tamiser , même grossièrement ,pour obtenir un véritable terreau à étendre ,de façon mesurée (cad 2 à 3 cm ), au pied des plantes et des arbustes (pour le potager ,il vaut mieux le faire avant l'hiver ou à sa fin ).
Les restes du tamisage (petites branches , noyaux d'avocats , coquilles d'oeufs…) peuvent être remis dans le nouveau tas .
De toutes façons , il vaut mieux faire un nouveau tas dès que le premier a atteint 50 à 80 cm de haut .
Le compostage est une activité intéressante sur le plan écologique et financier
ps :- un tamis est fabriqué avec un bout de grillage à mailles fines cloué sur un cadre en tasseaux , d'environ 60 à 80cm de côté
– on peut aussi couvrir le compost avec un film plastique noir , voire un grand carton lorsqu'il fait trop chaud ou au contraire s'il pleut longtemps . Il ne doit pas être détrempé .